La citadelle de Sisteron

La citadelle de Sisteron

C’est lors de notre court séjour dans la vallée du Jabron que mon homme et moi avons décidé de faire une petite halte à Sisteron. Après une paisible balade dans ses ruelles étonnamment calmes en ce 13 juillet, nous décidons de monter à la citadelle.

Et “monter” est bien le mot !

En effet, située à 500 m d’altitude, la citadelle surplombe la ville de Sisteron du haut de son éperon rocheux.

sisteron-ville

Formidable verrou stratégique allant des Alpes à la Méditerranée, celui-ci a de tous temps, porté des fortifications : un oppidum romain, un château-fort au haut Moyen-Âge et, depuis 1209, la citadelle.

Elle couvre donc 8 siècles d’architecture et d’histoire et est en fait constituée par un ensemble d’ouvrages d’époques diverses, même si elle est marquée des empreintes de Jehan Erard et de Vauban.

En effet, en tant qu’ingénieur militaire d’Henry IV, Jehan Erard fut appelé à y travailler pendant 7 ans après les destructions subies pendant les guerres de religion. Il adapte ainsi un système d’enceintes au nord et au sud et un étagement d’ouvrages bastionnés. Il imagine également un système de fortifications en dents de scie reprises et perfectionnées par Vauban 1 siècle plus tard lorsqu’en 1692, il intervient pour faire réaliser un magasin à poudre. Il recommande aussi le réhaussage des courtines qui ne sera effectué que 2 siècles après.

En Mars 1815, la citadelle inquiète Napoléon, de retour de l’ile d’Elbe car elle est en mesure de stopper net sa progression et ses rêves de pouvoir… Mais volontairement privée de poudre, ses canons ne pourront s’opposer au passage de Napoléon et de ses 1200 hommes.

C’est au milieu du XIXème siècle qu’est creusé l’escalier souterrain qui relie la forteresse à la ville.

Sisteron, la citadelle

Déclassée militairement en 1894, la citadelle devint un centre de détention pour les prisonniers allemands pendant la 1ère Guerre Mondiale, puis fut réquisitionnée en 1940 pour devenir un “centre de séjour surveillé” dans lequel furent notamment retenus des prisonniers politiques.

En août 1944, elle fut fortement endommagée par les bombardement et fait depuis l’objet d’une restauration, financée par les recettes des entrées.

La visite se fait librement. Peu après l’entrée, une casemate abrite un petit musée consacré au retour de Napoléon de l’ile d’Elbe. C’était un épisode de l’histoire que je ne connaissais que vaguement, aussi j’ai trouvé très intéressant d’en connaitre plus d’éléments et de détails.

Sisteron, la citadelleSisteron, la citadelle

Ensuite,  la visite s’organise suivant un parcours sonorisé – en 6 langues – permettant de retracer l’histoire de la forteresse. Le parcours nous mène à la projection d’un film dans lequel la citadelle a été mise en scène “Citadelle ! Navire des hommes…”

Nos pas nous portent ensuite sur le chemin de ronde, qui frite avec la crête du promontoire rocheux de sorte que d’ici, la vue est tout simplement époustouflante. C’est à mon sens, le principal intérêt de la visite avec ce fabuleux panorama à 360° qui peut porter jusqu’à 150 km.

Sisteron, la citadelleSisteron, la citadelleSisteron, la citadelleSisteron, la citadelleSisteron, la citadelle

Le chemin de ronde mène ensuite au donjon dans lequel a été conservé le cachot de Jean Casimir de Pologne, fait prisonnier en 1639 alors qu’il s’alliait à l’Espagne contre la France.

En chemin, nous passons à côté de l’escalier souterrain, mais ne faites pas comme beaucoup de touristes qui le descendent pour voir ce qu’il y a au bout car au bout, il n’y a rien, l’escalier est fermé par une porte. Nous avons eu la présence d’esprit de demander à une petite famille qui le remontait en tirant la langue et qui nous a avoué que ça ne servait à rien… Ce qui n’a pas empêché mon homme, à l’humeur taquine, d’affirmer haut et fort à qui voulait bien l’entendre “que ça valait vraiment le coup de descendre les marches !!!”

Dans l’ancien dépôt de munition conçu par Vauban, on découvre une exposition retraçant l’histoire des fortifications du XVI au XVIIIème siècle, puis nous passons devant une petite exposition de véhicules hippomobiles.

N’hésitez pas à faire un petit crochet par la guérite du diablele chemin est fléché – qui défie toutes les lois de l’apesanteur. C’est vertigineux !

Enfin, nous terminons par la découverte de la “fameuse” chapelle Notre-Dame du Château, qui est l’objet de toutes les attentions depuis le bombardement – et sa quasi-destruction – en 1944. On peut y admirer les vitraux du maitre-verrier Claude Courageux avant de redescendre sur le village.

Sisteron, la citadelle

Info pratiques :
1 allée de Verdun
Ouvert tous les jours du 1er avril au 11 novembre : de 9 h à 18 h (avril), 18 h 30 (mai), 19 h (juin, septembre), 19 h 30 (juillet, août), 17h30 (octobre) et de 10h à 17h en novembre
Site web :
http://www.citadellesisteron.fr

Office du tourisme : Hôtel de ville, BP 42, 04 200 SISTERON – http://www.sisteron-tourisme.fr/

Cet article est référencé sur Journal de voyages sous les thèmes : France, PACA, Alpes de Haute-Provence, Sisteron, citadelle, forteresse, vallée du Jabron, Provence

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