Salses-le-Château : forteresse

Salses-le-Château : forteresse

Fort-Salses (4)

La semaine dernière, alors que je séjournais chez mes parents à Port-la-Nouvelle, nous avons profité que nous étions tous les 4 réunis pour aller découvrir le fort de Salses.

En effet, si l’ouvrage est notamment visible de l’autoroute A9, nous n’avions jamais pris le temps de le visiter.

Située dans les Pyrénées Orientales, entre Narbonne et Perpignan, à une quinzaine de kilomètres de cette dernière, Salses-le-Château abrite une forteresse, témoin de la rivalité qui opposa pendant des siècles le royaume de France au royaume d’Aragon.

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La construction de ce fort débuta en 1497, 4 années après que Charles VII a restitué le Roussillon à l’Espagne. L’année auparavant, l’armée du royaume de France avait rasé le petit fort existant à l’époque ainsi que la totalité du village. Le roi Ferdinand d’Aragon décidé alors d’ériger un nouveau fort car ce site, coincé entre les derniers contreforts des Corbières et des marécages infranchissables, s’avérait stratégique dans la protection de la frontière car il constituait un point de passage incontournable depuis l’Antiquité puisque les Romains y avaient déjà fait passé la via Domitia.

Le roi Ferdinand d’Aragon confia le chantier à l’architecte Francisco Ramiro Lopez, qui avait déjà notamment travaillé sur le château de Grenade et les jardins de l’Alhambra ; il participera d’ailleurs, quelques temps plus tard, à la construction de la citadelle de Collioure. Il décida alors d’ériger la forteresse sur le site même de l’ancien village, et non sur celui de l’ancien fort, en raison de l’importance du réseau hydraulique qui parcourait le sous-sol à cet endroit.

Le fort se caractérise par une architecture militaire dite “de transition” car elle constitue une étape entre le fort médiéval et le bastion de Vauban. En partie enfoui dans le sol, il s’inscrit dans un rectangle mesurant 115 mètres de long sur 90 de large. Ses remparts, afin de résister aux mines qui commençaient à être employés à cette époque, peuvent mesurer jusqu’à 12 mètres d’épaisseur.

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Seule la place d’armes peut être vue en libre accès, pour le reste du fort, il faudra prendre part à l’une des visites guidées et commentées organisées à intervalles réguliers.

La place d’Armes, en forme de U, s’organise autour d’un puis central. Sous les arcades, étaient abritées les écuries qui abritaient jusqu’à 300 chevaux. Au dessus, sur 3 niveaux de casernements, les soldats, qui pouvaient être jusqu’à 1500, étaient logés.

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Le donjon était réservé au gouverneur quant aux officiers, leurs logement étaient à droite du donjon.

Outre son rôle de surveillance et de contrôle de ce site stratégique, ce fort a été conçu pour pouvoir résister à d’éventuels assauts et permettre aux assiégés de vivre en autarcie, en cas de siège, pendant une quarantaine de jours, délai estimé selon lequel les renforts devaient arriver de Gérone.

Le réseau hydraulique sous-terrain a donc été mis à profit pour installer un réseau d’eau courante et même de tout-à-l’égout. Ainsi, les eaux usées étaient recueillies dans des bassin dans lesquels elle était filtrée et assainie par l’usage de charbon. La présence de poissons permettait de contrôler l’efficacité du charbon et lorsque les poissons commençaient à tourner de l’œil, le charbon nécessitait d’être changé.

Pour le confort des soldats, latrines et urinoirs, raccordés au tout-à-l’égout, étaient régulièrement installés à travers le fort, les archives mentionnent la présence d’1 urinoir pour 10 soldats.

Pour ce qui est du système défensif, Francisco Ramiro Lopez mis en place un véritable dispositif anti-assaillant. Ainsi, le fort est construit en roche bleue des Corbières et en briques rouges. Ces dernières ont la particularité d’être un matériau ayant des propriétés d’élasticité lui permettant d’absorber les impacts et donc de résister aux tirs. Les fossés, et non les douves puisqu’ils qui n’ont jamais été inondés, étaient compartimentables afin de pouvoir isoler l’ennemi. Les remparts sont arrondis sur le dessus et ce afin d’empêcher l’usage de grappins.

Fort-salses-remparts-arrondis-anti-grapins

A l’intérieur, les différents escaliers utilisent des marches “casse-jambes” : irrégulières, elles sont de différentes hauteurs et de différentes profondeurs.

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Les différentes galeries qui mènent au donjon sont très étroites et basses de plafond afin de gêner la progression des soldats ennemis équipés de leur barda. De plus, elles forment un véritable labyrinthe. Ces galeries sont régulièrement interrompues par des casemates. Ces petites salles doivent leur nom à l’espagnol “casas para matar” (“maisons pour tuer) puisque les soldats du fort y attendaient les assaillants confortablement (espace, meurtrières, cheminée pour se réchauffer, etc..) pendant que ces derniers se démenaient pour progresser le long des galeries inconfortables réduisant les mouvement et les manœuvres.

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Enfin, devant les portes, en chêne ou blindées, étaient placées des obstacles empêchant ainsi le recours au bélier.

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Pour les soldats de l’époque, être affectés au fort de Salses était plutôt une bonne nouvelle ; ils disposaient sur place, de l’eau courante, d’un tout-à-l’égout, et pouvaient même aménager des potagers dans les fossés. De plus, le fort disposait de sa propre boulangerie, et d’une étable abritant une trentaine de bêtes, leur permettant de produire sur place leurs propres produits laitiers.

Dans le donjon, j’ai pu notamment découvrir la chambre du gouverneur. Il y dormait dans une petite alcôve car, rappelons-le, à l’époque, la position couchée était réservée aux morts, et les vivants dormaient plutôt dans une position assise. Pour son hygiène quotidienne un lavabo était installé.

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Un peu plus loin, le salon-salle à manger accueillait gouverneur et officiers. Un ingénieux système de monte-charge permettait d’apporter les plats depuis les cuisines, là aussi, un lavabo permettait aux convives de se laver les mains avant les repas, quant à la cheminée, un système de courant d’air permettait d’attiser les braises à la demande. Sur les côtés, des causoirs permettaient aux hommes de discuter ou de jouer (cartes, etc…), à la lumière du jour.

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Info pratiques :
Site officiel : http://salses.monuments-nationaux.fr/
Office du Tourisme : 20 place de la République, 66 600 SALSES-LE-CHATEAU

Cet article est référencé sur Journal de Voyages sous les thèmes : France, Languedoc-Roussillon, Pyrénées Orientales, Salses-le-Château, fort, forteresse

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About LadyMilonguera

Au départ simple blogueuse culinaire, c'est l'amour des voyages et de l'écriture qui m'a conduite à lancer ce blog voyages. Avec mon homme ou en famille, j'aime découvrir d'autres villes, d'autres pays, qu'ils soient tout à côté ou à des centaines/milliers de kilomètres. Et une fois rentrée, je partage avec vous mes impressions, mes conseils, mes expériences...

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