J’ai assisté à une représentation de l’École espagnole d’équitation de Vienne

J’ai assisté à une représentation de l’École espagnole d’équitation de Vienne

Lorsque nous avons annoncé que nous partions quelques jours à Vienne pour permettre à mon homme de participer au Vienne City Marathon, les conseils reçus ont été unanimes : nous devions absolument assister à une représentation de l’Ecole d’Equitation Espagnole, et nous devions nous en occuper le plus tôt possible car elles se jouent très souvent à guichet fermé.

En effet, l’Ecole d’Equitation espagnole de Vienne jouit de la réputation d’être la seule école qui cultive, dans la plus grande tradition, l’art équestre classique de la Haute-Ecole, et ce depuis la Renaissance.
Ainsi, uni et soudés par des années d’entrainement, le couple cavalier-cheval finit par être indissociable, constituant presque un être à par entière.
Les spécialistes s’accordent à dire que les représentations de gala sont des spectacles équestres inégalés dans le plus beau manège du monde.

Spanische Hofreitschule - vue d'ensemble manège

Cette école a la particularité de ne monter que des lipizzans, une race de chevaux créée à l’initiative de l’empereur Charles de Habsbourg en 1580 par croisement entre des étalons et des juments de race andalous et des cheveux locaux.
Totalement gris à l’âge adulte, les poulains naissent bais ou noir.
De tempérament docile, c’est un cheval apprécié pour sa grande intelligence, son extraordinaire mémoire et sa grande sensibilité ; il sait allier robustesse et élégance.

C’est donc ma maman qui s’est occupée, de France, de nous réserver les places.
Après de nombreuses recherches sur internet où le prix le plus abordable était proposé à près de 120 euros, elle trouve, sur le site officiel de l’Office du Tourisme de la ville de Vienne des places à une cinquantaine d’euros.
Ni une ni deux, l’achat ne pouvant pas se faire via internet, la voilà se munissant de sa plus belle plume et son plus bel anglais pour commander 5 places que nous recevons dans les jours qui suivent.
Le moment venu, nous nous rendons donc à la Hofburg, qui accueille l’Ecole d’Equitation et abrite le manège.

Hofburg

Nous rentrons par une porte latérale non sans avoir montré pâte blanche en présentant nos billets et accédons à la salle de représentation.
Nous somme immédiatement éblouis par la majesté des lieux.
Le manège est rectangulaire avec une piste en terre battue tellement bien soignée que l’on distingue les dents du râteau qui ont aplani la surface.

Spanische Hofreitschule - manège

Face à l’entrée que nous avons empruntée et au niveau de la piste, a été installée la tribune VIP. Les chevaux et leur cavalier entreront par une porte située à tout juste 1 mètre des VIP sur leur gauche.
Nous, pauvres mortels, sommes en hauteur, à 2 mètres ou 2,50 mètres au-dessus de la piste que nous encerclons, et les chaises sont disposées entre les piliers, juste derrière les balustrades. Il y a encore des possibilités d’accueil dans notre dos, sur des sortes de petits gradins, et de là, on ne doit plus voir grand-chose.
Heureusement, mes parents comme moi-même sommes placés sur les chaises, juste derrière la balustrade d’où nous avons une vue imprenable sur le manège.

La salle est riche de sculptures et d’ornementations, toute en finesse, et du plafond, pendent 3 immenses et magnifiques lustres.
Le tout donne une impression réellement majestueuse, impériale, nous mettant dans les meilleures dispositions pour assister à la représentation.

Spanische Hofreitschule - détail salle

Au bout d’une quinzaine de minutes d’attente, 2 cavaliers apparaissent portant pantalon écru, veste type queue de pie marron, cuissardes et le bicorne si caractéristique.
Aucune musique n’accompagne leur entrée.
Ca et là, quelques appareils photos crépitent, mais le service de sécurité a vite fait de faire éteindre appareils-photos et caméscopes.

Spanische Hofreitschule - représentation équestre

Un troisième homme prend place au centre du manège et alterne explications en allemand et en anglais, les 2 chevaux illustrant à tour de rôle, les propos.
Au bout de quelques minutes, nous comprenons, que nos billets ne nous ouvraient pas les portes d’une représentation de gala, mais que nous apercevons un aperçu des méthodes traditionnelles d’entraînement.
Nous n’assisterons donc à aucune représentation en musique, aucune représentation en groupe, nous ne verrons jamais plus de 2 chevaux simultanément et jamais travaillant ensemble.

Les démonstrations de pirouettes, de saut et d’exercices techniques se succèdent, mais pour les amateurs que nous sommes, rien de très démonstratif ou de spectaculaire, sans compter que les explications en langues étrangères finissent à perdre l’attention des spectateurs les moins à l’aise comme mes parents).

Pour finir, pendant une dizaine de minutes, le commentateur lâchera son micro pour nous gratifier d’une démonstration de dressage aux rennes longues : en fait, il n’est plus sur son cheval mais bel et bien debout, les pieds au sol, juste derrière sa croupe, dirigeant sa monture uniquement de la main à l’aide de rennes plus longues.

Spanische Hofreitschule - travail rennes longues

Le tout durera un peu moins d’une heure au bout de laquelle nous ressortons particulièrement déçus.

En effet, nos billets portaient tout à fait ostensiblement la mention Privatissimum, et un petit tour sur internet aurait suffit à nous renseigner sur la teneur de ce spectacle qui n’a rien à voir avec la représentation de gala à laquelle nous nous attendions.

Il faut savoir que l’Ecole d’Equitation propose plusieurs types de représentations, chose que nous ignorions, et qui explique que nous ne nous sommes absolument pas méfié :
– un entrainement matinal en musique
– une sortie des chevaux en main en musique
– un Privatissimum
– une représentation de gala
Il est donc important d’être vigilant à l’achat des billets pour s’assurer de bien accéder à la représentation voulue.

Le Privatissimum est une spectacle très technique ; on y devine que les exercices demandés doivent exiger un travail soutenu et une parfaite complicité entre le cheval et son cavalier, toutefois, pour un public non averti, tout finit rapidement par se ressembler tant il est difficile à des amateurs de saisir la complexité, de déceler les nuances et de mesurer tous le travail nécessité et la complicité à développer entre le cavalier et sa monture pour atteindre un tel niveau de technicité.
Pour l’apprécier à sa juste valeur, il me semble qu’il aurait fallu que nous montions nous-mêmes ou que nous ayons quelques notions de dressage.

C’est donc une représentation qui s’adresse à un public avisé, un public de connaisseurs.
Les exercices sont axés sur les difficultés techniques, sur la qualité et la précision du dressage et non sur un aspect visuel ou spectaculaire, du coup, j’avoue avoir attendu la fin avec une certaine impatience.

Nous sommes donc ressortis de là particulièrement déçus, partageant le sentiment que notre manque d’information nous a fait passer à coté d’un spectacle exceptionnel.

Info pratiques :
Michaelerplatz 1 (Besucherzentrum), 1010 Wien
Site web : http://www.wien.info/fr/sightseeing/sights/imperial/spanish-riding-school
Office du tourisme : Albertinaplatz/Maysedergasse, 1010 Vienne - http://www.wien.info/fr/

Cet article est référencé sur Journal de voyages sous les thèmes : Autriche, Vienne, spectacle

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About LadyMilonguera

Au départ simple blogueuse culinaire, c'est l'amour des voyages et de l'écriture qui m'a conduite à lancer ce blog voyages. Avec mon homme ou en famille, j'aime découvrir d'autres villes, d'autres pays, qu'ils soient tout à côté ou à des centaines/milliers de kilomètres. Et une fois rentrée, je partage avec vous mes impressions, mes conseils, mes expériences...

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