Paris : Marathon international

Paris : Marathon international

C’est en hommage aux dizaines de milliers de coureurs qui ont pris le départ du Marathon de Paris aujourd’hui même, à ceux qui l’ont pris les années précédentes et à tous ceux qui se lanceront dans l’aventure dans le futur que j’ai tenu à rédiger ce billet sur cette épreuve mythique.

Tout d’abords, je vous rappelle que l’évènement marathon démarre en fait la veille avec le retrait des dossards et la Marathon Expo dans l’après-midi et la Pasta party en soirée…

Le matin du jour fatidique, vers 8 heures, nous prenons le chemin du départ, à savoir l’Arc de Triomphe. Le métro est bondé de coureurs (là, c’est facile de les reconnaitre, ils ont les traits tirés, l’air concentré et sont tous en tenue avec leur dossard accroché) et des accompagnateurs.
Nous descendons tous à Charles De Gaulle/Etoile !

Mon homme récupère alors les collègues de travail avec lesquels il s’est inscrit et commence les derniers préparatifs : remplissage des gourdes de ravitaillement, scotchage des tétons pour ne pas qu’ils soient irrités par le frottement répété (pendant plus de 4 heures, pensez donc !) du t-shirt, pause pipi, et accrochage de la puce électronique à la chaussure …
C’est là que j’abandonne mon homme et j’en profite pour faire des photos le temps que le départ soit donné.

Marathon---Dpart-_thumb6

Une foule impressionnante se masse alors devant la ligne de départ, avenue Foch. Les athlètes internationaux ont évidemment accès au plus proche de la ligne de départ, tandis que les autres coureurs ont accès à différents sas en fonction, toujours pareil, de l’objectif temps déclaré à l’inscription. Cette organisation a évidemment pour but d’éviter que les coureurs les plus rapides soient gênés par des coureurs plus lents, et ainsi assurer une fluidité et une homogénéité au peloton.
Ainsi, sachez qu’entre le coup de starter et l’instant où les tous derniers passeront la ligne, une vingtaine de minutes se seront écoulées ; c’est là que la puce électronique entrera en action puisqu’elle permet d’enregistrer le temps de passage de son propriétaire devant la ligne et ainsi éviter que son temps ne soit gonflé par la vingtaine de minutes passée à s’approcher du départ.

Une fois le départ donné, au fur et à mesure que les coureurs avance sur les Champs, j’ai pu assister à l’impressionnant spectacle des nettoyeurs et éboueurs en queue de peloton. Avec une incroyable efficacité et rapidité, ils ont nettoyé les champs de tous les bidons vides, sacs plastiques, vieux sweats, etc… abandonnés là par les coureurs, permettant ainsi de rouvrir l’artère à la circulation.

Quant à moi, mon marathon commençait également. Je m’étais fixé pour objectif de précéder mon homme à quelques points stratégiques du parcours (10, 20, 30 et 40 kilomètres) afin de l’encourager et le soutenir.
Commence alors pour moi, une course contre la montre – la mienne souterraine – pour me poster aux points fixés avant lui. Les accès au métro les plus proches du départ étant tous pris d’assaut par une foule qui comme moi, a décidé de suivre son champion, je m’en vais à la recherche d’un arrêt plus accessible.
Je profite du trajet pour étudier mon plan de métro et le comparer avec la plan de la course, et visiblement, je ne suis pas la seule !
Nous commençons donc à échanger nos tactiques entre accompagnateurs et nous souhaitons bonne chance.

Je commence par me poster aux niveau des 10 kilomètres, juste avant l’entrée dans le bois de Vincennes, et guette. Malheureusement, nous sommes trop proches du départ et le peloton bien que s’étant étiré n’a pas encore eu le temps véritablement d’éclater, de sorte qu’il est difficile de reconnaitre qui que ce soit de normalement vêtu. Par contre, je ne manque ni Lucky Luke, ni ses Daltons, ni les quelques autres participants affublés d’un costume. C’est aussi ça l’ambiance marathon !

Au moment où je vois le groupe des 5 heures et leur meneur d’allure passer devant moi, je finis par me résoudre à l’idée de l’avoir raté. Heureusement, le parcours prévoyant une boucle d’une dizaine de kilomètres dans Vincennes, mon prochain point d’attente ne se situe qu’à une centaine de mètres de mon poste actuel, j’ai donc tout loisir de m’y rendre sans me dépêcher.
Je me poste alors à quelques dizaines de mètres avant la flamme indiquant le semi-marathon, ratant déjà la tête de courses de plusieurs minutes ! J’ai prés de 45 minutes à attendre avant de pouvoir voir passer mon homme, mais je ne manque pas d’encourager les coureurs passant devant moi. Les mains commencent à chauffer et à rougir à force d’applaudir !
Au bout d’une heure, mon homme finit par passer devant moi, il semble avoir pris du retard par rapport à son objectif de 4 heures, mais qu’importe, je suis déjà fière de lui, et l’encourage de plus belle. Il me voit et se met même à sourire, il a l’air bien.
Je reprend alors mon sac en direction de la bouche de métro la plus proche direction les quais de Seine, et le 30ème kilomètres. Selon les habitués, c’est à ce moment-là que le « mur » se manifeste et je tiens à être présente afin de le rebooster avant la dernière ligne droite.

Dans le métro, je reconnais les autres accompagnateurs et nous échangeons sur nos impressions, l’état de forme de nos champions.
Je me campe à la sortie du pont d’Iena (si je me souviens bien), et une dizaine de minutes à peine après mon arrivée, mon homme apparait. Le rythme s’est fait plus lent qu’au passage du semi, il semble souffrir de la chaleur (une superbe journée de printemps ensoleillée et douce).
Il remarque ma présence et me fait un petit coucou, ça va… il a encore des forces.
Il est tout juste passé devant moi, que je me dirige cette fois en direction de l’arrivée, afin de lui redonner du courage pour les 200 derniers mètres.

S’offre alors à moi un spectacle des plus émouvants, je suis postée juste après le dernier virage, c’est au sens propre comme au figuré la dernière ligne droite ; c’est à ce moment que les coureurs découvrent la flamme de l’arrivée et la récompense de leurs efforts.
Bien entendu, la réaction de la plupart d’entre eux est une réaction de joie à la vue de l’arrivée, ils lèvent les bras, font le V de la victoire, un père est allée prendre sa petite fille sur les épaules pour passer la ligne avec elle, bref des scènes très joyeuses. Mais j’ai aussi vu, des gens exténués, vidés, qui se sont donnés à fond, qui sont allés au bout d’eux-mêmes, qui trouvent encore je ne sais où, la force de passer la ligne, … un ou deux s’appuient sur les épaules d’autres concurrents mais néanmoins amis, pour atteindre cette p… de ligne !

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C’est vraiment un spectacle émouvant, poignant et même en en reparlant aujourd’hui, les larmes me montent encore aux yeux quand je pense à l’incroyable volonté dont ils ont fait preuve pour finir ce marathon…
Vient enfin le tour de mon homme. A la vue de l’arrivée, il retrouve le sourire et fait même le clown devant mon appareil photo, c’est bon signe !
Je me dirige enfin en direction du sas d’arrivée pour le récupérer, il dégouline de sueur, mais il semble ravi et fier. Nous nous asseyons dans les pelouses qui longent l’arrivée pour lui permettre de s’allonger et de boire.

Au bout d’une demi-heure, nous reprenons le chemin de l’appartement, il a les pires difficultés à se mettre debout et il commence à geindre, « j’ai maaaaaaal ».
Bref, j’ai retrouvé MON homme, celui qui donne l’impression de mourir au moindre rhume !!! Le marathonien s’est fait la malle !!!
La descente, ou montée, des nombreuses marches qui mènent au quais du métro sont aussi rocambolesques, mais heureusement, nous ne sommes pas les seuls à offrir le même spectacle (note pour plus tard : lui offrir un déambulateur !).

Le lendemain, nous tentons, avant de rentrer sur Montpellier, une promenade à pieds dans Paris, histoire de profiter un peu de cette ville et de la météo particulièrement clémente que nous avons eu.
Nous avons ainsi marché, tranquillement, prés de 2 heures, interrompues, par une pause déjeuner à la terrasse d’un café.
Quant à la course à pieds, il a repris l’entrainement, une dizaine de jours plus tard, une vingtaine de minutes maximum.

Bref, voilà mon vécu du marathon de Paris. Inutile de vous dire que j’en garde un excellent souvenir, un moment, même pour moi, riche en émotions.
C’est aussi l’occasion pour moi de féliciter et de témoigner mon admiration à tous les sportifs, à commencer par mon homme, ma maman et mon petit frère, qui se sont déjà lancés ou se lanceront un jour dans une telle aventure. Chapeau bas !

Cet article est référencé sur Journal de Voyages sous les thèmes : France, Ile de France, Paris, marathon

Copyright©2012 “Talons hauts & sac à dos” by LadyMilonguera

About LadyMilonguera

Au départ simple blogueuse culinaire, c'est l'amour des voyages et de l'écriture qui m'a conduite à lancer ce blog voyages. Avec mon homme ou en famille, j'aime découvrir d'autres villes, d'autres pays, qu'ils soient tout à côté ou à des centaines/milliers de kilomètres. Et une fois rentrée, je partage avec vous mes impressions, mes conseils, mes expériences...

11 comments

  1. avril 15th, 2012 10:35

    Félicitations à ton homme et à tous les participants! Faut vraiment une bonne volonté et beaucoup d’entrainement pour y arriver…
    Tu voudrais tenter l’expérience?
    Mili Articles récents..Tome 31 Stockholm (Part. II)My Profile

    Reply

    • LadyMilonguera
      avril 15th, 2012 11:27

      Pour l’instant, je suis admirative de toutes celles et ceux qui tentent l’aventure, mais l’objectif me semble encore inaccessible. Donc je me contente de courses n’excédant pas 10 kilomètres… Mais qui sait… ? Dans 15 ou 20 ans peut-être…

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  2. avril 15th, 2012 10:40

    Même en tant que spectateur ou accompagnateur, ce doit être sympa à vivre, ne serait-ce que pour l’ambiance, l’effervescence, les échanges avec les autres spectateurs ! Et effectivement, chapeau bas à tous les sportifs : il faut le faire quand même !
    Nath Articles récents..Où dormir dans le Masaï Mara ?My Profile

    Reply

    • LadyMilonguera
      avril 15th, 2012 11:28

      Une épreuve à la fois physique et mentale… Respect !

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  3. avril 15th, 2012 10:55

    Merci de nous avoir fait ressentir l’ambiance de cette course. Bravo et admiration pour ces champions et ton homme en particulier ! Bon dimanche Bises
    Petitgris Articles récents..Les casquettes de l ‘ HomMy Profile

    Reply

    • LadyMilonguera
      avril 15th, 2012 11:28

      Merci et bon dimanche.

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  4. avril 21st, 2012 14:08

    Super reportage ! J’ai l’impression d’avoir vécu la course avec toi.
    Tu n’as pas pris les Dalton en photo ? 😉

    Reply

    • LadyMilonguera
      avril 21st, 2012 14:57

      Le problème des photos sur le marathon, c’est qu’on ne sait jamais quand les gens vont passer devant nous, s’ils ont maintenant leur rythme, accélérer ou au contraire connu une défaillance… et si on arrivera à les repérer dans la foule… Du coup, même lorsqu’il s’agit de photographier ma mère, mon frère, etc… C’était très souvent une surprise de les voir passer….

      Reply

  5. mai 4th, 2012 22:14

    Très bon post!

    Un marathon est synonyme de souffrance sur le coup mais laisse toujours un bon souvenir néanmoins!
    Aurélien Articles récents..Cuisine du Monde #3: pâtisseries marocainesMy Profile

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