Le parc national des Tsingy de Bemaraha à Bekopaka

Le parc national des Tsingy de Bemaraha à Bekopaka
Épisode précédent : La route de Morondava à Bekopaka

La réserve nationale des Tsingy de Bemaraha se situe dans la région du Menabe, à Bekopaka, à l’ouest de Madagascar, dans le même alignement qu’Antananarivo.

Sur place, 2 jours suffisent pour faire les petits Tsingy, puis les grands Tsingy. Le spectacle n’est pas donné à tout le monde, il se mérite, mais il est à la mesure de tous les efforts supportés pour arriver jusque là !

Bemaraha

Après une nuit qui nous aura permis de récupérer du trajet tape-cul de la veille, nous nous rendons au bureau de l’ANGAP où nous paierons l’entrée au site pour 2 jours et qui va nous fournir le guide obligatoire sans lequel l’accès au site nous sera interdit.
Plusieurs parcours nous sont proposés et nous en choisissons 2.

Le premier jour sera tranquille avec un parcours d’une heure en pirogue le long du Mananbolo puis le retour à travers la forêt. Le Mananbolo est calme, les crocodiles nous évitent, sa descente se fait très agréablement, rythmée par le clapotis de la pagaie. Ces gorges ont été creusées par le fleuve, elles abritent des cavernes qui renfermement des sépultures du peuple Vazimba – les tous premiers habitants de Madagascar – que nous voyons de notre embarcation.

Manambolo
Le retour à travers la forêt nous donne l’occasion d’admirer une faune et une flore dont l’ingéniosité pour survivre dans ce milieu hostile n’a rien à envier aux meilleurs ingénieurs des pays civilisés.
Comme partout ailleurs dans l’ile, nous découvrons une multitude d’animaux et de végétaux non seulement endémiques de Madagascar mais que l’on ne trouve nulle part ailleurs sur l’ile.

Nous sommes de retour pour midi et pouvons ainsi manger à l’une des gargotes. L’après-midi, nous découvrons les petits Tsingy.
Le parcours est aménagé de marches, de mains courantes, d’échelles, et le paysage que nous découvrons est superbe.

marches am

Nous évoluons à travers des formations calcaires acérées, tantôt à leurs pieds, tantôt au sommet, et les hauteurs sont déjà intimidantes, mais la vue superbe.

Parc national des Tsingy de Bemaraha

A un moment, un endroit est aménagé pour nous permettre de descendre les Tsingy en rappel.
C’est sur ce bref aperçu de ce que va être la journée du lendemain que nous rentrons au campement nous préparer à ce qui nous attend après une bonne nuit de sommeil.

Le lendemain matin, nous ne mettons pas longtemps à nous réveiller.
Après avoir pris notre petit déjeuner, notre guide nous rejoint, nous tend à chacun des harnais et nous prenons le 4×4 pour franchir les 17 km qui nous séparent du point de départ des grands Tsingy.
La piste est dans un état détestable, le trajet dure une bonne heure et demie à travers la forêt et les nuées de moustiques. C’est donc avec soulagement que nous arrivons à destination.

La réserve de Bemaraha est classée patrimoine de l’humanité par l’UNESCO. Elle a été rendue célèbre par Nicolas hulot qui y a consacré l’une de ses émissions USHUAIA.
Cette réserve naturelle s’étends sur prés de 152 000 ha. Le plateau constitue un site géologique unique au monde et l’un des paysages les plus insolites de Madagascar.
C’est un massif érodé par le temps et sculpté par la pluie. Le plateau est hérissé de pics, de crêtes et d’arêtes karstiques appelées Tsingy.
C’est un terme malgache qui signifie “pointe des pieds” car les premiers indigènes qui les ont découvert et qui partaient y chasser pieds nus ne pouvaient y poser que la pointe des pieds sous peine de se faire très mal.

Ce sont de véritables sculptures de calcaire d’origine corallienne, les formations peuvent atteindre 40 m de haut par endroit.
Comme les petits Tsingy la veille, le site est aménagé, mais il est inadapté pour celles et ceux qui souffrent de vertiges, car aucune des sécurités, ni le harnais, ni les mains courantes, … ne vous feront oublier le vide en dessous !

Parc national des Tsingy de Bemaraha - c'est haut

Il faudra vous préparer a des passages d’escalade, à franchir des ponts de singe, ….
Croyez-moi, le harnais n’est pas du luxe !!!!

Parc national des Tsingy de Bemaraha - il faut traverser

Pont tsingy

Les nombreuses failles qui parcourent ce dédale géologique abritent une faune et une flore encore méconnues.
On y trouve des espèces uniques au monde dont certaines ne sont même pas recensées tant le site est difficile d’accès : reptiles, lémuriens, rapaces, flamboyants, aloe, …

végétation tsingy

Pendant 5 à 6 heures (durée de la “ballade”, pique-nique compris), vous serez émerveillés par ce spectacle insolite et unique au monde.
Vous ressortirez de là avec le sentiment d’avoir été l’un des rares privilégié à avoir pu admirer ce site hors du commun, et si on y réfléchit, si l’on considère toutes les difficultés, le trajet plus qu’inconfortable, le camping dans des conditions sommaires, notre volonté de lutter contre le vertige qui nous prend et qui ne demande qu’à nous immobilier sur place, on se dit que ce n’est pas demain que ce site fabuleux sera envahis par des cars de touristes du troisième âge Fram ou Club Med.

Parc national des Tsingy de Bemaraha - le haut des tsingy

C’est un site qui nécessite pour le faire, de la volonté et une bonne forme physique. Dans cet environnement austère, la chute ne tue pas, les harnais sont là pour ça, mais les crêtes sont aussi coupantes que des poignards et la chute sera forcément douloureuse et impressionnante ! Ne parlons même pas d’une éventuelle entorse ou pire, fracture qui serait très difficile à gérer, car les passages étroits interdisent le passage à un brancard. Le site est aménagé pour des touristes sportifs et avisés, mais par pour des secours !!!
Alors oui, nous sommes des privilégiés…. et nous en sommes fiers car ce paysage grandiose se mérite et est à la hauteur des efforts endurés !
Au retour, vous serez tellement fatigués mais heureux, que vous oublierez les moustiques et la piste chaotique.
Vous repartirez avec un sentiment de plénitude, de satisfaction d’avoir été jusqu’au bout et d’avoir été justement récompensé pour ça.

panorama-tsingy-bemaraha

Le dernier soir, nous avons invité notre guide à notre table et cette soirée a été l’occasion d’échanger sur nos modes de vie respectifs, de mieux se rendre compte du fossé qui nous sépare.
Il nous a raconté ses débuts de lutte syndicales contre le bureau de l’ANGAP et était abasourdis d’apprendre qu’en France, nous achetons tout, surtout notre nourriture alors que là-bas, le minimum (à la campagne j’entends) est d’avoir son petit carré de terre pour s’auto-suffir alimentairement.
Nous mesurons mieux l’écart qui nous sépare, et ne pouvons nous empêcher de nous demander qui est dans le vrai : eux… ou nous ?

Une remise en question de nos modes de vie hautement matériels ne serait pas un luxe !!!!!

Nous voilà maintenant arrivé à la fin de notre périple de 3 semaines.
Il ne nous reste maintenant plus qu’à rejoindre Tana, à consacrer une journée à y faire le marché pour ramener toutes les petites emplettes et souvenirs et les vacances sont bouclées.

J’espère avoir été suffisamment précise et descriptive pour avoir réussi à vous donner un aperçu de ce que nous avons vu et vécu là-bas et surtout pour vous avoir donné envie de découvrir cette ile merveilleuse par vous-même.

Petite explication sur mon titre :
Historiquement, le mot vazaha est utilisé pour désigner toute personne étrangère à l’ile : initialement les pirates, puis les colons français, et maintenant, nous, touristes !!!!

Info pratiques :
Site web : http://www.parcs-madagascar.com/aire-protégée/parc-national-bemaraha
Office du tourisme du Menabe : Route d'Anosikely 619, Morondava - http://www.morondavatourisme.com/

Cet article est référencé sur Journal de voyages sous les thèmes : Madagascar, Menabe, Bekopaka, parcs nationaux, réserve nationale, randonnée

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About LadyMilonguera

Au départ simple blogueuse culinaire, c'est l'amour des voyages et de l'écriture qui m'a conduite à lancer ce blog voyages. Avec mon homme ou en famille, j'aime découvrir d'autres villes, d'autres pays, qu'ils soient tout à côté ou à des centaines/milliers de kilomètres. Et une fois rentrée, je partage avec vous mes impressions, mes conseils, mes expériences...

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